vendredi 24 avril 2015

23 JUIN 2011 - 23 MARS 2015 : L'IMBROGLIO FATAL ?

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A la veille du verdict du fameux procès de la traque des biens mal acquis impliquant Mr Karim Wade, une sourde inquiétude règne chez les Sénégalais. Mais gardons la juste proportion des choses ! Ce 23 mars 2015 ne sera très probablement pas le début d’une guerre civile entre les troupes bleues de Ndiombor et l’armée mexicaine de Benno Bokk Yakaar !
Des deux côtés, les généraux sopistes et yakaaristes, plus soucieux de leurs propres plans de carrière politique, d’intérêts de castes et de clans, que de nobles enjeux sociopolitiques peinent  à mobiliser leurs propres militants, à fortiori les larges masses populaires.
En attendant le verdict de la CREI, l’élite politique sénégalaise est d’ores et déjà coupable de transhumance, de traitement sélectif des dossiers de justice, d’hyper-présidentialisme et d’affaiblissement de l’Assemblée Nationale, autant de tares ayant survécu à la deuxième Alternance politique de mars 2012.
Rappelons-nous de la glorieuse journée du 23 juin 2011, au cours de laquelle le peuple souverain avait pris les devants pour s’opposer à des tripatouillages de la Constitution ayant pour finalité une dévolution monarchique du pouvoir à un héritier illégitime et peu vertueux !
Cette journée historique, loin d’être le fruit du hasard venait couronner plusieurs mois de débats et de luttes centrés autour du processus des Assises Nationales pour l’approfondissement de la démocratie et l’émergence citoyenne. Cette dynamique allait d’ailleurs se poursuivre jusqu’à la veille du premier tour des élections présidentielles de 2012, conduisant le Président de la Coalition Benno Bokk Yakaar à s’engager fermement pour l’application des conclusions des Assises Nationales.
A trois jours de la célébration du troisième anniversaire de l’accession du Président Macky Sall au pouvoir, il est clair que cette promesse de réformes des Institutions tarde à être matérialisée, malgré la mise en place d’une CNRI dont les conclusions semblent être plombées par le scepticisme d’experts constitutionnalistes aux ordres de l’Exécutif.
Rien d’étonnant alors à ce que beaucoup de citoyens sénégalais puissent avoir l’impression que la refondation institutionnelle est renvoyée aux calendes grecques. De fait, on observe des symptômes inquiétants d’avilissement de la pratique politique.
Le choix de  Karim Wade comme futur candidat du PDS aux prochaines élections présidentielles de 2017 renseigne sur l’ampleur des dégâts. Subissant plus que jamais l’emprise de leur nonagénaire de Président qui nomme les responsables du PDS à tous les niveaux, les militants libéraux cautionnent une dévolution monarchique du pouvoir au sein de leur Parti, écartant par là-même la possibilité de procéder à un aggiornamento politique, et se trouvent ainsi embarqués dans une entreprise d’instrumentalisation de leur formation politique pour les beaux yeux d’un vrai faux ex-prince héritier.
Quant aux acolytes de Benno Bokk Yakaar, ils semblent terriblement manquer de repères pertinents pour évaluer leur alliance, tiraillés qu’ils sont entre les logiques d’appareil et la fidélité à leurs nobles idéaux. C’est ce qui se traduit par la grave crise qui secoue l’AFP, les atermoiements au sein du parti socialiste et de certains partis de gauche calculateurs, qui se demandent si ce qu’ils pourraient gagner en 2017 vaut autant ou plus que ce qu’ils perdraient en quittant la barque de Macky.
Ce manque de constance, de rigueur et de fidélité aux conclusions des Assises Nationales de la part de Benno Bokk Yakaar pourrait faire le jeu de l’héritier politique du Pape du Sopi, qui pourrait, Dieu nous en garde, entrer au palais présidentiel par la Grande Porte !

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